Hausse de votre multirisque professionnelle : comment la lire avant de la contester
L'avis d'échéance arrive : +12 %, sans sinistre, sans changement dans l'entreprise. Le dirigeant pose la bonne question : « l'assureur a-t-il justifié cette hausse ? » Le plus souvent, la réponse est non. Avant de contester, encore faut-il savoir ce qui augmente.
Séparer ce qui augmente vraiment
L'appel de cotisation se contente souvent d'un libellé du type « multirisque bureaux », sans autre explication.
Une hausse de l'ordre de 8 à 11 % est ce que nous constatons couramment cette année en assurance de dommages : elle n'est pas une anomalie en soi, mais elle doit être expliquée.
Les trois moteurs d'une hausse
L'indice : la plupart des contrats revalorisent chaque année capitaux et cotisation selon un indice du coût de la construction.
Le tarif : une majoration décidée par l'assureur sur tout son portefeuille, sans rapport avec votre dossier.
Le risque déclaré : surface, matériel, chiffre d'affaires. Il bouge moins souvent qu'on ne le croit… ou plus.
Un exemple récent
Une société de services installée dans des bureaux voit sa cotisation passer d'environ 640 € à 720 €. Nous avons demandé à l'assureur la décomposition de la hausse et ce qui pouvait être fait : geste, franchise, ajustement des capitaux.
Dans le même temps, nous avons conseillé de payer à l'échéance : l'année précédente, un règlement tardif avait déjà déclenché une mise en demeure. Et en relisant le dossier, un point est apparu : le chiffre d'affaires a plus que doublé depuis la souscription. Les capitaux déclarés suivent-ils encore ?
Les subtilités du cas
Ne jamais suspendre le paiement pour discuter : faute de règlement, la garantie est suspendue trente jours après la mise en demeure. Un geste obtenu ensuite se régularise sans difficulté.
Ce qu'on obtient d'une compagnie est éphémère : un geste se renégocie à chaque échéance. Ce qui reste, c'est ce qui est écrit au contrat.
La vraie économie n'est pas toujours dans la prime : des capitaux trop courts, c'est une indemnité réduite en proportion le jour du sinistre.
Une économie de prime ne se prend jamais contre une garantie acquise : un contrat moins cher assorti d'exigences que l'entreprise ne remplit pas ne rend pas service.
Ce que vous devez vérifier
Comparez la prime de l'assureur d'une année sur l'autre, hors frais.
Demandez la répartition indice / tarif / capitaux.
Réglez à l'échéance, et discutez ensuite.
Vérifiez que les capitaux correspondent à l'entreprise d'aujourd'hui, pas à celle de la souscription.
Si rien ne bouge, préparez une mise en concurrence pour l'échéance suivante, pas dans l'urgence.
Votre cotisation professionnelle a augmenté sans explication ? Contactez-nous !
Publié le 28/09/2026 — Cas pratique constaté à cette date. Les pratiques, conditions et capacités de souscription du marché de l'assurance peuvent évoluer. Cet article présente une situation rencontrée dans le cadre de notre expérience professionnelle et ne constitue pas une présentation exhaustive des solutions disponibles sur le marché.