Erreur d'un salarié, matériel coûteux hors service : le casse-tête de la garantie "Bris de Machine"
"L'erreur est humaine." Ce proverbe prend une toute autre dimension lorsqu'il s'applique à votre entreprise et qu'une simple maladresse se chiffre en milliers d'euros. C'est une situation que tout chef d'entreprise redoute et que nous avons récemment accompagnée pour l'un de nos clients.
Le scénario : un accident aussi rapide que coûteux
Imaginez la scène. Dans un atelier de prototypage high-tech, un collaborateur appliqué procède au nettoyage des équipements en fin de journée. Par pure confusion, pensant manipuler un composant amovible standard, il place une pièce maîtresse d'une machine d'usinage numérique – d'une valeur de plus de 25 000 € – dans un bac de nettoyage par ultrasons utilisant un solvant totalement inadapté.
Le résultat est sans appel : la pièce, dotée de capteurs ultrasensibles, est corrodée. La machine est inutilisable. La première question du dirigeant, une fois le choc passé, fut celle que vous vous poseriez tous : "Suis-je couvert par mon assurance multirisque professionnelle ?"
La garantie "Bris de Machine" : le "Oui, mais..." de l'assurance
Le premier réflexe est de se tourner vers la garantie "Bris de Machine" ou "Bris de Matériel". Sur le papier, elle est conçue exactement pour cela : couvrir les dommages matériels accidentels et soudains survenant à vos équipements.
L'argument POUR : La plupart des bons contrats précisent que cette garantie couvre les dommages résultant de causes internes ou d'incidents d'exploitation, y compris la "maladresse, la négligence ou l'inexpérience d'un préposé". Le cas de notre client semblait donc correspondre parfaitement.
L'argument CONTRE : C'est ici que le bât blesse. Presque tous les contrats contiennent une clause d'exclusion pour les dommages résultant de "l'inobservation des prescriptions du constructeur" ou d'une "utilisation non conforme".
Un assureur ou un expert peu conciliant aurait pu s'engouffrer dans cette brèche et argumenter que le nettoyage d'un composant avec un solvant inadapté constitue une violation des préconisations du fabricant, et donc, une exclusion de garantie. Le dossier aurait pu être refusé.
Le rôle du courtier : transformer un dossier "complexe" en sinistre "indemnisable"
C'est précisément dans cette zone grise que l'accompagnement d'un courtier prend tout son sens. Notre rôle ne se limite pas à vous vendre un contrat ; il est de nous assurer qu'il vous protège le jour J.
L'art de la déclaration : La manière de déclarer le sinistre est cruciale. Présenter les faits de manière brute peut conduire à un refus. Notre intervention a été de qualifier l'événement pour ce qu'il était réellement : non pas une violation de procédure, mais une "confusion accidentelle et involontaire" survenue dans le cadre d'une tâche de routine. L'accent a été mis sur le caractère fortuit et imprévisible de l'erreur, et non sur la "mauvaise utilisation".
L'interlocuteur de l'expert : Nous parlons le même langage que les experts et les compagnies d'assurance. Nous avons pu argumenter que la clause couvrant la "maladresse d'un préposé" était spécifique et devait, dans ce cas de figure, primer sur l'exclusion plus générale du non-respect des consignes.
La négociation et le suivi : Nous avons géré l'intégralité des échanges, de la constitution du dossier (photos, facture, témoignage) jusqu'à la négociation de l'indemnisation, en veillant à ce que l'abattement pour vétusté soit juste et que la franchise appliquée soit bien celle prévue au contrat.
Résultat : Grâce à une gestion proactive et avisée du dossier, notre client a pu obtenir l'indemnisation nécessaire pour remplacer son matériel, ne conservant à sa charge que la franchise contractuelle. Une erreur à 25 000 € a ainsi été transformée en un simple incident de parcours.
Ce qu'il faut retenir
Votre contrat d'assurance multirisque professionnelle est un document complexe. Des garanties qui semblent acquises peuvent être neutralisées par des exclusions subtiles. L'erreur humaine est un des risques les plus courants en entreprise, et s'assurer qu'elle est correctement couverte est fondamental.
Notre métier, en tant que courtier, est d'être votre partenaire stratégique face au risque :
En amont, en sélectionnant pour vous le contrat dont les clauses sont les plus protectrices.
En aval, en défendant vos intérêts pour que votre assurance joue pleinement son rôle le moment venu.
Ne laissez pas une simple erreur mettre en péril votre activité. Assurez-vous d'avoir le bon contrat, et surtout, le bon partenaire pour le faire appliquer.